Cette vie acceptable ne peut intervenir que quand ils auront retrouvé un logement décent et un emploi rémunéré par leur travail. C’était le sens de la création de l’ATDER et du PLIE (Projet Local d’Insertion par L’Economie ), qui existe toujours et devrait être plus utilisé. Mais entre l’errance et l’emploi, solution qui existe fort heureusement, le chemin est toujours long et difficile. Il commence le plus souvent par le traitement d’une maladie psychiatrique refusée qui nécessite une reprise de contact et un accompagnement vers une activité par des professionnels coordonnés, ce qui demande un minimum de moyens. C’était le but de la structure mise en place rue de Brest. Cet équipement n’était que la partie émergée de l’iceberg du traitement, plus médical. On peut discuter de sa localisation, de son coût, de la répartition, de sa prise en charge, pas de son utilité. Cet équipement ne peut se trouver en périphérie de l’agglomération puisque les personnes traitées, pour la plupart originaire du « pays », ne s’éloignent pas des services de l’hôpital, qu’ils refusent mais qu’ils fréquentent assidûment en période de crise tout à la fois. Le manque de moyens financiers limite également leur possibilité déplacement à la marche à pied et aux bus gratuits. Cela explique qu’on les retrouve surtout dans les villes-centre, le seul lieu où ils survivent, même dans la douleur. C’est pour cela que je préconise un centre social intercommunal qui permette la limitation du nombre en favorisant le retour des personnes dans leur commune d’origine, qu’elles ont souvent fui, victimes du « qu’en dira-t-on ». Ce centre doit être géré par des élus qui les connaissent, connaissent leur famille et sont soucieux de faire évoluer la culture populaire encore imprégnée par la pratique récente de l’enfermement.

Michel MARZIN