Le Port de Morlaix mérite d’être valorisé

Je suis bien sûr solidaire de la lutte des ostréiculteurs pour la recherche d’une meilleure qualité de l’eau. Ils ont raison de tirer la sonnette d’alarme s’il y a une mortalité excessive dans leur cheptel. L’ostréiculture est tout de même une des ressources économiques principales du Pays de Morlaix. J’aimerais avoir le point de vue d’Ifremer, puisqu’un suivi scientifique pointu et très consciencieux existe sur la baie. Les raisons sont souvent complexes et il serait dommage de constater, après l’arrêt des rejets, que la mortalité persiste. Je souhaite simplement ajouter que ce serait aussi peut-être le bon moment de mettre à plat les difficultés des rivières de Morlaix. Je rappelle que nous demandons, dans le cadre d’un SAGE, depuis fort longtemps, un plan visant à limiter le ruissellement sur les bassins versants en amont pour limiter les risques d’inondation et de réduire les apports de sédiments dans le port. Un autre point sur les risques inondation serait aussi le bien venu : je relève que l’on n’a pas tiré tous les enseignements de la dernière crue du Queffleuth en 2001. Elle avait révélé que le débit de toutes les vannes grand ouvertes était inférieur au débit de débordement des rivières et qu’il ne servait donc à rien de maintenir une veille si on n’augmentait pas ce débit. Il n’y a pas eu, à ma connaissance, la moindre réflexion sur le sujet. Les derniers travaux sur les portes des écluses ont aussi fait ressortir les problèmes d’entretien et de fonctionnement de ces portes. D’autres ports ayant les mêmes caractéristiques que Morlaix ont opté pour des portes basculant verticalement (qui libèrent les bateaux quand la marée arrive à leur niveau), beaucoup plus fonctionnelles et moins coûteuses. Une telle option règlerait momentanément le problème puisqu’elle nécessite un désenvasage profond qui ne peut être réglé que par un traitement « à terre ». Le coût d’une telle opération serait amorti par les économies de fonctionnement à terme et serait très inférieur au coût de construction de ports neuf « ex nihilo » comme on les envisage à Roscoff et Plougasnou. En effet, le port de Morlaix est très prisé, et répond mieux à la demande de « port en ville » de la grande plaisance qui sert de prétexte à la construction des nouveaux ports. Des centaines de places pourraient y être ajoutées si le désenvasement était géré durablement. La qualité d’un accès plus facile par des portes basculantes augmenterait sa fréquentation et l’apport économique qui en découlerait. Le centre ville en a bien besoin (2 millions d'Euros de retombées identifiables selon la chambre de commerce). L’argument financier avancé pour retarder continuellement la mise aux normes est hors de proportion avec les 45 millions d’Euros que la collectivité s’apprête à investir, sans apport en retour, à Roscoff et Plougasnou. De plus cette politique, par l’augmentation trop forte des redevances de mouillages qu’elle engendre, met en difficulté la « petite plaisance côtière », majoritaire dans notre région, et qui apporte 15% des ressources économiques de la Bretagne. Il faudrait cesser de jouer « petit bras » par souci d’économies à court terme, la façon la plus coûteuse de régler les problèmes. Michel MARZIN, http://blog.michelmarzin.fr, Membre du conseil portuaire,