La première action est, bien sûr de réduire le volume produit à la fabrication en incitant les citoyens à limiter le volume de leur poubelle, en choisissant des produits sans emballages ou aux emballages recyclables à chaque fois que cela est possible ce qui aura pour effet de réduire le gaspillage coûteux de l’emballage « attrape mouche ». Lorsque le logement comporte un jardin, l’utilisation d’un composteur réduit considérablement le volume des déchets putrescibles. Pour les objets hors d’usage, le tri bien fait à la source, dans des poubelles différenciées, est la condition de base pour le fonctionnement des équipements de traitement. Les déchets industriels doivent être soumis aux mêmes contraintes. La mise en oeuvre d'une redevance liée au volume de déchets produits (qui a pour effet immédiat de modifier les comportements et de réduire rapidement de moitié les déchets non réutilisables) fait partie des incitations fortes utilisées avec, pour corollaire, une interdiction sévèrement appliquée des incinérations et dépôts clandestins.. L’objectif « zéro rejet » est difficile à obtenir, mais le chemin parcouru depuis quelques années dans les régions qui ont fait preuve d’une réelle volonté politique montre que, ce qui était présenté comme inéluctable, est en fait gérable. Dans le Nord Finistère, le choix du « tout incinération » est combattu par les Verts depuis l’origine en raison de la pollution de l’air par la dioxine rejetée par les incinérateurs. L’évolution amorcée en 2006 par le SIVALOM de Landerneau et par la SOTRAVAL, choisissant une refonte de l’UTOM de Plouédern pour améliorer la qualité du compost produit et pour porter le volume de traitement de 30 000 tonnes à 45 000 puis 60 000 tonnes va dans le bon sens. Cet équipement ne peut bien fonctionner que si la limitation des déchets et le tri sélectif sont bien gérés. Les déchets devant être gérés dans le cadre d’un Pays pour limiter les déplacements, la création d’une usine de méthanisation, traitant 60 000 tonnes de déchets ménagers, va dans le même sens. Son implantation dans le Pays de Morlaix serait une bonne solution, sous réserve qu’elle soit implantée en zone industrielle et qu’une enquête publique préalable soit effectuée. Sa production d’énergie, soit en compressant du GNP pour les véhicules de ramassage d’ordures ménagères et les bus de transport en commun, soit en injectant le gaz dans le réseau GDF, améliorerait notre bilan carbone et apporterait un apport financier non négligeable aux collectivités puisque sa gestion ne peut être, à notre sens, que collective. La proposition par Véolia de créer une méga décharge, sur 100 hectares à Plourin est la pire des solutions puisqu’elle conduit à reporter sur les générations futures des travaux de dépollution bien plus coûteux et aléatoires que le simple tri à la source. Les études théoriques tendant à limiter les nuisances sur les riverains n’ont jamais été respectées dans les centres de stockage en service, et l’augmentation des bénéfices quand les produits sont plus dangereux ont conduit à toutes les dérives. Les apports de taxes et compensations sur les budgets communaux sont dérisoires en proportion des nuisances générées sur les habitants. C’est pourquoi nous avons soutenu et participé à la lutte des habitants de Plourin pour protéger leur environnement de qualité et nous saluons le travail énorme fourni par l’équipe active de l’ADPNP..