resines2.jpgJ’ai lu la semaine dernière dans « DNF », page 3, que le 24 janvier 2004, 300 litres de résines étaient « passées » à l’intérieur du réacteur N°1.
Cela m’a rappelé un mauvais souvenir : le même incident s’est produit à Brénnilis et a empoisonné la vie des agents ayant en charge ces circuits.
En effet il s’agit d’un incident majeur : les résines (des granulés chimiques permettant de régénérer l’eau) ont un diamètre allant de la poussière au granulé de quelques millimètres. Elles se glissent dans tous les interstices selon la Loi de Murphy sur les objets inanimés (dite aussi la loi des emmerdements maximum). On n’est jamais certain d’avoir tout éliminé !
Elles sont donc susceptibles de bloquer une ou plusieurs barres lors d’un ordre d’arrêt d’urgence, ce qui est un risque majeur pour un réacteur nucléaire.
D’où l’arrêt de 5 mois pour nettoyer les circuits.
A Brénnilis, malgré un long nettoyage identique, il est toujours resté des traces de ces résines et l’épée de Damoclès n’a jamais été supprimée.
La seconde retombée, tout aussi insidieuse, s’est produite sur le personnel : Les agents ayant ce circuit en charge ont voulu « effacer » les traces de leur erreur, ou celle de leur collègue ayant commis la gaffe. Il sont donc intervenus dans des conditions « limites ». A Fessenheim, il y a aussi eu 7 personnes contaminées et une série « d’entorses à la procédure ».
A Brénnilis on peut constater, plusieurs dizaines d’années plus tard, que les agents de ce service ont été touchés par une mortalité fortement accrue.
Aucune enquête n’a été diligentée, personne n’ayant porté plainte. C’est pourquoi j’ai utilisé le titre d’incident majeur, bien que l’autorité de sûreté ait autorisé le redémarrage.