La CLI de Brénnilis : une parodie de démocratie
Par Michel MARZIN le vendredi 16 octobre 2009, 15:17 - Lien permanent
Le 14 octobre 2009,
Le Président de la CLI organisait une réunion publique à Loquéffret en
préalable à l’ouverture de l’enquête publique qui se tiendra du 27 octobre au
27 novembre 2009. Le résultat de cette enquête est visiblement déjà connu des
promoteurs: il devrait être favorable. L’entreprise a déjà été désignée par EDF
et le planning des travaux a été décliné, le financement est
« sécurisé » Hier soir la salle était essentiellement composée
d’acteurs qui avaient préparé leur rôle et leur moment d’intervention . Même
les représentants de salariés et des syndicats intervenaient sur ordre et
toujours dans un sens très favorable. On comprend mieux que 4 associations
aient déserté les réunions de la CLI et que peu d’élus se soient déplacés de
peur qu’on ne les mouille dans cette mauvaise parodie. Le dossier de
présentation a été publié et validé en juin 2009. 1900 pages que personne n’a
lues entièrement : il y a de nombreuses « redites ». Une grande
partie est sans intérêt et surtout il y manque l’essentiel : Un document
déclinant un processus, sans aucune valeur de contamination des circuits, sans
schéma des pollutions du sous sol et aucun débit de dose autour du coeur. Le
démontage d’une laiterie en quelque sorte. Toujours la même méthode : on
sait travailler, on a les moyens, faites nous confiance !
Il y a eu tout de même quelques « couacs » : - Un élu local,
membre de la CLI, a fait remarquer que, malgré ses efforts, il avait du mal à
s’y retrouver dans ce dossier. Il demandait des compléments d’informations et
un délai supplémentaire puisqu’il n’aura que 3 jours pour analyser les
résultats de l’enquête avant de se prononcer dans le cadre de la CLI. C’est une
tâche qu’il est impossible de faire sérieusement.
-
Deux associations (AE2D et Sortir du Nucléaire) ont demandé que la commission
Nationale de Débat Public soit saisie (loi dite Barnier pour les projets
supérieurs à 40 Millions d’Euros). Le secrétariat du débat serait alors assuré
par le ministère de l’environnement pour éviter que le maître d’œuvre ne soit
juge et partie. Ce qui s’est passé à Loqueffret ne peut que leur donner raison.
Un recours en justice est en cours.
- Une association demande pourquoi on ne lui a pas fourni le document d’état
des lieux rédigé après l’arrêt du réacteur. Réponse « on ne le trouve pas
». Sauf qu’en début de réunion le représentant d’EDF a indiqué : « on
traitera les traces de pollution chimique et biologique, on les connaît. On va
creuser à –20 mètres ». Il a donc le dossier, mais ne veut pas le transmettre
aux élus de la CLI.
- La station de Traitement des Effluents (STE) va aussi être déconstruite et
assainie sans problème. Sauf que la STE devait être la première à disparaître
dans les années 90. Elle est toujours là, sous perfusion (on rejette les
effluents dans le lac pour que les traces ne soient pas décelables dans l’Ellez
– cela ne s’appelle plus « rejets liquides», puisqu’ils sont interdits,
mais « rabattement »). Aucune explication sur ces 20 années de galère
puisque la situation est « sous contrôle ».
- Etc., etc.
Une parodie stalinienne de la démocratie, montée par EDF, acceptée et coproduite par les services de l’Etat, et, surtout, présidée et couverte par le Parti Socialiste, largement majoritaire à la CLI et au Conseil Général. Il défend ouvertement le nucléaire, mais jusqu’où peut-il aller dans ce déni de démocratie en pleine campagne électorale où il a un besoin évident de l’appui des écologistes ? Quelle est l’analyse de ces derniers sur cette procédure ?
Commentaires
désolé que tout le monde est toujours le cas.
toute cette procédure est presque grotesque. Comme toujours, les socialistes.