Le 14 octobre 2009, Le Président de la CLI organisait une réunion publique à Loquéffret en préalable à l’ouverture de l’enquête publique qui se tiendra du 27 octobre au 27 novembre 2009. Le résultat de cette enquête est visiblement déjà connu des promoteurs: il devrait être favorable. L’entreprise a déjà été désignée par EDF et le planning des travaux a été décliné, le financement est « sécurisé » Hier soir la salle était essentiellement composée d’acteurs qui avaient préparé leur rôle et leur moment d’intervention . Même les représentants de salariés et des syndicats intervenaient sur ordre et toujours dans un sens très favorable. On comprend mieux que 4 associations aient déserté les réunions de la CLI et que peu d’élus se soient déplacés de peur qu’on ne les mouille dans cette mauvaise parodie. Le dossier de présentation a été publié et validé en juin 2009. 1900 pages que personne n’a lues entièrement : il y a de nombreuses « redites ». Une grande partie est sans intérêt et surtout il y manque l’essentiel : Un document déclinant un processus, sans aucune valeur de contamination des circuits, sans schéma des pollutions du sous sol et aucun débit de dose autour du coeur. Le démontage d’une laiterie en quelque sorte. Toujours la même méthode : on sait travailler, on a les moyens, faites nous confiance !

Il y a eu tout de même quelques « couacs » : - Un élu local, membre de la CLI, a fait remarquer que, malgré ses efforts, il avait du mal à s’y retrouver dans ce dossier. Il demandait des compléments d’informations et un délai supplémentaire puisqu’il n’aura que 3 jours pour analyser les résultats de l’enquête avant de se prononcer dans le cadre de la CLI. C’est une tâche qu’il est impossible de faire sérieusement.  -
Deux associations (AE2D et Sortir du Nucléaire) ont demandé que la commission Nationale de Débat Public soit saisie (loi dite Barnier pour les projets supérieurs à 40 Millions d’Euros). Le secrétariat du débat serait alors assuré par le ministère de l’environnement pour éviter que le maître d’œuvre ne soit juge et partie. Ce qui s’est passé à Loqueffret ne peut que leur donner raison. Un recours en justice est en cours.
- Une association demande pourquoi on ne lui a pas fourni le document d’état des lieux rédigé après l’arrêt du réacteur. Réponse « on ne le trouve pas ». Sauf qu’en début de réunion le représentant d’EDF a indiqué : « on traitera les traces de pollution chimique et biologique, on les connaît. On va creuser à –20 mètres ». Il a donc le dossier, mais ne veut pas le transmettre aux élus de la CLI.
- La station de Traitement des Effluents (STE) va aussi être déconstruite et assainie sans problème. Sauf que la STE devait être la première à disparaître dans les années 90. Elle est toujours là, sous perfusion (on rejette les effluents dans le lac pour que les traces ne soient pas décelables dans l’Ellez – cela ne s’appelle plus « rejets liquides», puisqu’ils sont interdits, mais « rabattement »). Aucune explication sur ces 20 années de galère puisque la situation est « sous contrôle ».
- Etc., etc.

Une parodie stalinienne de la démocratie, montée par EDF, acceptée et coproduite par les services de l’Etat, et, surtout, présidée et couverte par le Parti Socialiste, largement majoritaire à la CLI et au Conseil Général. Il défend ouvertement le nucléaire, mais jusqu’où peut-il aller dans ce déni de démocratie en pleine campagne électorale où il a un besoin évident de l’appui des écologistes ? Quelle est l’analyse de ces derniers sur cette procédure ?