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On croyait avoir connu le pire à Tchernobyl, on croyait que le mauvais état des centrales Soviétiques expliquait cet accident. Voila que le pays le plus équipé en matière de réponse aux calamités, le plus prévoyant, est victime du même scénario !
Malgré l'opacité propre au nucléaire, on distingue ce qui a pu se passer. D'abord un arrêt d'urgence qui semble s'être "assez bien passé". Les barres d'étouffement ont arrêté la réaction en chaine. Puis un accident sur les circuits de refroidissement, comme il s'en produit si souvent, qui devient incontrôlable. Ici, c'est le tsunami qui a détruit les diésels faisant fonctionner les pompes. Imparable, mais pas imprévisible. Très vite, trop vite, intervient la production d'hydrogène qui se concentre en poches susceptibles d'exploser d'un moment à l'autre et d'aggraver la situation. C'est ce qui s'était produit à Three Miles Island et à Tchernobyl.
Puis si le circuit n'est pas rétabli, le gainage des crayons explose et les pastilles de combustible qui commencent à fondre. Bien sûr la puissance décroit, mais les émissions des actinides continuent à faire monter la température et le combustible liquéfié s'écoule et échappe au "blocage" des barre de contrôle.
En fonction de l'enrichissement du combustible et de la forme du magma, on peut avoir une reprise de l'augmentation de puissance. C'est pour cela que les Etats Unis ont acheminé du bore ("absorbeur" de neutrons ) pour ralentir l'excursion qui se dessinait. Mais il semble que ça n'ai pas été suffisant et il a fallu se livrer à un balayage à l'eau de mer catastrophique. En effet le combustible n'est plus gainé et les produits de fissions, libres, sont entraînés vers la mer si une filtration, peu probable, n'est pas établie (j'ai lu de l'ordre de 1 000m3 par jour). Parallèlement des explosions de poches d'hydrogène se sont produites, rendant sans doute plus difficile le refroidissement et dispersant des produits radioactifs dans l'atmosphère .
Dans l'un des réacteurs, le cap du risque de criticité semble avoir été dépassé, mais dans les deux derniers, le risque semble persister. En cas de divergence du magma, c'est le phénomène d'explosion que l'on a connu à Tchernobyl qui peut se produire, avec dispersion des actinides dans l'atmosphère dans toute la planète, à des densités variables.
La courbe montre la décroissance d'un élément sorti du flux. Les 3 premiers jours (10 4 s) sont les plus dangereux, après 12 jours (10 6 s) cela se calme. Mais sous flux (cas d'une fusion, sans refroidissement, cela est beaucoup plus lent et plus aléatoire.
Les anciens du nucléaire et les écolos, qui ont bien étudié les risques, vivent avec inquiétude et compassion le calvaire des intervenant et de la population qui n'a pas semble-t-il encore compris l'ampleur du désastre. Les irresponsables continuent à dire cela n'arrivera jamais chez nous.