L’incendie de Brénnilis : Aucun accident nucléaire n’est anodin

Les divers communiqués officiels sont rassurants comme d’habitude et la situation qualifiée de « sans risques ». Pourtant aucun accident nucléaire n’est « sans risques », comme le prétend la Préfecture. Il reste à Brénnilis la cuve du cœur de la centrale, certes sans combustible et sans modérateur, la Station de Traitement et d’Epuration et les échangeurs sont en chantier, et la contamination nucléaire subsiste donc en de nombreux endroits.
Celle-ci est plus nocive que l’irradiation. Le temps de réponse est seulement plus lent et, comme d’autres atteintes à la santé, elle ne devient parfois mortelle qu’au bout d’une vingtaine d’année.
Nous ne souhaitons mettre personne sur le banc des accusés, mais tirer les leçons d’un incident, sur lequel on va très vite tenter de passer l’éponge, afin que le personnel exécutant, et peut-être l’environnement, n’en aient pas à en souffrir d’une façon endémique.
L’incendie survenu le 23 septembre à 15h, a duré une heure et demie. C’est conséquent et rare, parce que très dangereux en zone contaminée ou les produits radioactifs peuvent se vaporiser rapidement et causer de gros dégâts. Les moyens sont habituellement importants sur place et les préventions très étudiées.
Le représentant associatif de la CLI qui avait assisté au dernier exercice sur le site avait été critiques sur les conditions d’intervention, forcément extérieure et moins préparées.

Il semble que le feu ait pris dans l’atelier de découpe des échangeurs, où les opérateurs étaient peu nombreux, équipés de scaphandres et en zone contaminée. Les moyens d’intervention contre le feu devaient y être restreints et les moyens d’intervention de l’extérieur difficiles à déployer, sans s’exposer les opérateurs à une contamination externe et interne.
C’est une situation fréquente en déconstruction. L’atelier de découpe des échangeurs, où le plafond a fondu, semble être fortement détérioré, puisque fabriqué en matières plastique et en plexiglass. (Nous avions été très critiques lors de sa construction).

On signale assez souvent ce genre d’incendies « sans conséquences » dans de nombreuses centrales. Les rapports d’expertise ne sont jamais publiés.

Nous allons donc observer les enquêtes en cours, que nous espérons moins lénifiantes et plus détaillées, que les premiers communiqués, probablement coordonnés, faits par EDF, l’ASN, la Préfecture et le Conseil Général du Finistère.

Concernant les contaminations chimiques et nucléaires subies par les intervenants, nous souhaitons que les résultats des examens complémentaires soient aussi publiés, les mesures immédiates et sommaires négatives, étant souvent contredites par les examens postérieurs plus approfondis, lorsqu’ils sont publiés.

Enfin nous demandons que soit mise en place une véritable filière du démantèlement dotée de moyens humains et du matériels spécialisés et non soumise aux aléas des strates nombreuses de la sous-traitance incontrôlée.