Dans quel état EDF doit-il rendre le site des Monts d'Arrée ? Une partie de bras de fer est en cours entre EDF, gestionnaire du démantèlement, et les collectivités, responsables du site après le démantèlement. Il y a déjà eu des décisions de prises lors du remblaiement du BCI où se trouvaient les bassins de stockage. Le bassin principal étant en béton il a probablement laissé des traces à travers les fissures, inévitables dans ce matériaux. On n'a pas de compte rendu des résultats d'analyses, mais un pompage de la nappe est en cours depuis 18 ans, appelé "rabattement", avec rejet dans le lac "aux normes" (inférieur à 10 Becquerels). Les élus ont demandé une analyse biologique pour vérifier l'absence de nocivité des produits rejetés selon les normes. Il leur est répondu que les analyses sur les poissons du ruisseau ELLEZ sont "aux normes".

C'est la toute l'ambiguïté : les "normes" reposent sur les décisions d'une commission après un échange entre "experts" définissant des hypothèses, alors que les analyses biologiques sont des résultats publiés. (En général la mortalité d'embryons de poissons en fonction de la concentration du produit).

D'où la controverse sur la gestion des terres du sous sol de la STE (station de traitement de effluents). EDF propose de creuser 50 cm sous l'ancien radier (fortement contaminé) nouvellement démoli. Pourtant l'analyse du sous sol montre que l'on retrouve des traces de contamination infiltrée jusqu'à 4 m sous ce radier. D'où la réaction des associations :

"Communiqué des associations de la CLI (Bretagne vivante, AE2D, CLCV 29, Vivre dans les Mont d'Arrée, Groupe Mammalogique Breton, Eaux et Rivières de Bretagne. Les associations se sont exprimées contre l'approbation du bilan 2017 en raison du refus d'EDF de communiquer sur les coûts financiers du démantèlement de la centrale EL4, dite de Brénnilis, et cela malgré les demandes constantes d'élus et des associations relayées par la présidente et même exprimée par le sous Préfet de Chateaulin. Par ailleurs les associations ont demandé que la CLI étudie la possibilité que soit engagé un recours au Conseil d'État contre l'autorisation de l'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire). Cette décision du 25 avril 2018 autorise EDF à procéder aux opérations d'assainissement partiel du sous-sol sur 50 centimètres en dessous de la station de traitement des Effluents de la centrale nucléaire. La STE a une emprise au sol de 750 m2, le texte prévoit la possibilité pour les tiers d'un recours dans un délai de quatre ans. L'autorisation de l'ASN de ne pas réclamer une décontamination plus poussée apparait entachée de faiblesse et irresponsable pour les raisons suivantes: 1/ Ce chantier est un précédent qui risque de déterminer les niveaux de contamination partielle lors du démantèlement du Bâtiment réacteur et au moment de l'abandon du Site par EDF. En effet les fondations du bâtiment réacteur descendent à plus de 12m de profondeur. 2/ La centrale est située sur une tête de bassin versant majeure , dont le réseau hydrologique est indispensable à l'alimentation en eau potable de la ville de Quimper et du Sud-Finistère. 3/ Il est reconnu que la diffusion de la radioactivité résiduelle du sous sol de la STE va migrer vers l'ELLEZ puis l'Aulne (des "spots" diffus de radioéléments sont attestés par EDF). 4/ L'exploitant a refusé des analyses en situation réelles, après l'enlèvement du béton du radier. Les analyses fournies datent de 2008. Nous avons appris en cours de réunion que c'est l'ASN qui sera chargée des analyse bilan après les travaux. 5/ L'ASN admet admet que l'argument d'EDF suivant lequel "l'assainissement complet n'est pas raisonnablement possible ", sans que l'exploitant apporte des éléments notamment économiques et financiers. 6/ l'ASN affirme que l'arrêt du rabattement de la nappe phréatique aurait des "conséquences acceptables" alors que la demande d'arrêt de pompage (rabattement) de la nappe phréatique) ne sera examinée qu'ultérieurement. L'ASN a reconnu publiquement que les demandes de décontamination du sous-sol et du rabattement auraient du être examinées en même temps."